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Francis Poulenc's song, Les chemins de l'amour, text by Jean Anouihl.
Lorsque au soleil couchant les rivières sont roses, Et qu'un tiède frisson court sur les champs de blé, Un conseil d'être heureux semble sortir des choses Et monter vers le cœur troublé ; Un conseil de goûter le charme d'être au monde, Cependant qu'on est jeune et que le soir est beau, Car nous nous en allons comme s'en va cette onde : Elle à la mer, -- nous au tombeau !
English:
When streams turn pink in the setting sun, And a slight shudder rushes through the wheat fields, A plea for happiness seems to rise out of all things And it climbs up towards the troubled heart. A plea to relish the charm of life While there is youth and the evening is fair, For we pass away, as the wave passes: The wave to the sea, we to the grave.
Printemps qui commence. Portant l'espérance Aux coeurs amoureux, Ton souffle qui passe De la terre efface Les jours malheureux. Tout brûle en notre âme, Et ta douce flamme Vient sécher nos pleurs; Tu rends à la terre, Par un doux mystère, Les fruits et les fleurs. En vain je suis belle! Mon coeur plein d'amour, Pleurant l'infidèle, Attend son retour! Vivant d'espérance, Mon couer désolé Garde souvenance Du bonheur passé! A la nuit tombante J'irai, triste amante, M'asseoir au torrent, L'attendre en pleurant Chassant ma tristesse, S'il revient un jour, A lui ma tendresse Et la douce ivresse, Qu'un brûlant amour Garde à son retour!
La Mer est infinie et mes rêves sont fous. La mer chante au soleil en battant les falaises Et mes rêves légers ne se sentent plus d'aise De danser sur la mer comme des oiseaux soûls. Le vaste mouvement des vagues les emporte, La brise les agite et les roule en ses plis ; Jouant dans le sillage, ils feront une escorte Aux vaisseaux que mon coeur dans leur fuite a suivis. Ivres d'air et de sel et brûlés par l'écume De la mer qui console et qui lave des pleurs Ils connaîtront le large et sa bonne amertume ; Les goélands perdus les prendront pour des leurs.
English:
The sea is endless and my dreams are mad.
The sea sings to the sun, lashing the cliffs,
And my flighty dreams taste only of the pleasure
Of dancing over the sea like drunken birds.
The vast motion of the waves carries them,
The breeze shakes and tumbles them in the folds;
Playing in the wake, they form an escort
To the ships my heart has followed in their flight.
Wild with air and salt and scalded by the foam
Of a sea that consoles and washes tears away,
They will know the ocean and its good bitterness;
Stray gulls will take them for their own.
Text:
Bois frissonnants, ciel étoilé Mon bien-aimé s'en est allé Emportant mon coeur désolé. Vents, que vos plaintives rumeurs, Que vos chants, rossignols charmeurs, Aillent lui dire que je meurs. Le premier soir qu'il vint ici, Mon âme fut à sa merci; De fierté je n'eus plus souci. Mes regards étaient pleins d'aveux. Il me prit dans ses bras nerveux Et me baisa près des cheveux. J'en eus un grand frémissement. Et puis je ne sais comment Il est devenu mon amant. Je lui disais: "Tu m'aimeras Aussi longtemps que tu pourras." Je ne dormais bien qu'en ses bras. Mais lui, sentant son coeur éteint, S'en est allé l'autre matin Sans moi, dans un pays lointain. Puisque je n'ai plus mon ami, Je mourrai dans l'étang, parmi Les fleurs sous le flot endormi. Sur le bord arrivée, au vent Je dirai son nom, en rêvant Que là je l'attendis souvent. Et comme en un linceul doré, Dans mes cheveux défaits, au gré Du vent je m'abandonnerai. Les bonheurs passés verseront Leur douce lueur sur mon front, Et les joncs verts m'enlaceront. Et mon sein croira, frémissant Sous l'enlacement caressant, Subir l'étreinte de l'absent.
(English poetic translation)
Trembling trees, starry sky My beloved has gone away Bearing with him my desolate heart. Winds, let your plaintive noises Let your songs, charming nightingales, Tell him that I die. The first night he came here, My soul was at his mercy; I no longer cared about my pride. My glances were full of promise. He took me into his trembling arms And kissed me near the hair. I felt a great quivering. And then, I don't know how He became my lover. I said to him: "You will love me As long as you are able." I never slept as well as in his arms. But he, feeling his heart fade, Left the other day Without me, for a foreign land. Since I no longer have my friend, I will die in this pool, among The flowers under the sleeping current. Arriving on the shoreline, I will speak his name to the wind, In a dream that I await him there. And like in a gilded shroud With hair tousled at the wind's whim, I will let myself go. The happy hours of the past will glimmer on my face, And the green reeds will entrap me. And my breast, shuddering under the caress of their entwinement, will believe it submits to the embrace of the one who left.